Eveline Flavigny... Votre écrivain public à Poitiers.
Eveline Flavigny... Votre écrivain public à Poitiers.

Quelques extraits de mes textes...

Extrait de "Poussin", roman, 2018

 

 

Il était sa chose, sa petite crotte, la preuve qu'elle pouvait encore, mais qu'elle s'arrêterait là. Il était son petit dernier. Et dans petit dernier il y avait petit et dernier. Elle l'aimait petit, chétif, malingre, sans réelle détermination, à peine un sexe, à peine une personne. Et elle l'aimait dernier, comme une joyeuse résolution, un effort récompensé, une chance de le faire durer plus longtemps puisqu'il ne serait pas poussé par un autre.

Il avait au-dessus de lui quatre frères déjà si satisfaisants qu'elle n'avait pas même à se soucier d'éducation, le pli était pris, tout fonctionnait à merveille. Le père était depuis peu très absent et cette queue d'orage saurait remplir sa maturité de sa petite différence. Les quatre clones finissaient par l'ennuyer avec les succès et les projets qui les conduisaient dans d'autres sphères que celle de la famille chérie. Ils étaient construits sur le modèle paternel et aucun d'eux n'avait hérité du petit grain d'originalité maternel qu'on renvoyait souvent à leur mère avec ironie - comme pour s'excuser du pas de côté - et dont l'origine était attribuée à la grand-mère un peu trop extravagante.

Elle l'appelait Poussin. Poussin comme un prénom, Poussin comme la preuve que la mère était poule et qu'elle entendait couver au chaud sur sa paille propre.

Il réalisait parfois qu'il n'avait pas entendu son prénom depuis plusieurs jours, et s'il n'était l'école, il l'aurait peut-être oublié. Le petit garçon passait beaucoup de temps à jouer aux soldats de plomb de son grand-père, il les trouvait petits mais forts, il les trouvait gris mais armés, il les trouvait immobiles mais prêts au combat. Ils étaient pour lui le lieu de son imaginaire le plus audacieux, son voyage de Gulliver, sa séance de marionnettes. Et là il se sentait grand, fort et puissant.

 

 

Extrait de "Fils", roman, 2016

 

...

 

Ce qui était le plus compliqué pour lui, c'était de sentir tout ce que son père ne lui disait pas, tout ce silence enfermé en lui, qui parlait de honte, de déchéance, et qui le minait. On aurait dit que Gaspard en perdant l'usage de ses jambes, avait perdu aussi tout ce qu'il avait à transmettre à Félix. Plus rien n'était possible, la vie qui coulait en lui s'était figée, elle était devenue épaisse, sombre et opaque comme une huile de vidange. Il se sentait aux prises avec une culpabilité insurmontable, celle de ne plus jamais pouvoir emmener son fils à la pêche, de ne plus jamais pouvoir le prendre avec lui sur le tracteur, de ne plus jamais pouvoir lui apprendre la vie, la vie d'ici, la seule vie qu'il connaissait, celle qu'il tenait de son père. Et cette réalité lui tranchait la gorge, lui coupait le souffle, le mettait K.O. Ses angoisses le tenaillaient chaque soir quand il s'allongeait dans son lit, là, à l'horizontale, où il n'était plus rien. Plus aucune autonomie, à la merci de tout, un incendie, un accident, un enfant malade, il ne pourrait rien assurer, cloué qu'il était à ce lit, immobile.

Félix avait une conscience aiguë de cette réalité comme si lui-même la vivait. C'était peut-être ça qui lui avait donné l'idée de s'inventer une maladie, ça qu'il avait à peine besoin de forcer, un mal qui s'était installé depuis longtemps dans ses veines et le rendait mélancolique.

 

...

 

 

Extrait de "Enfance", auto-fiction, publié en 2012.

[...]

Élevée à l'huile de foie de morue quand je n'arrivais pas à coincer mon chat pour la lui faire avaler, je restais pâle et maigrelette. Le chat était en pleine forme pendant que j'avais des nausées après chaque bol du matin avalé en apnée. De ces enfants nés de parents minces et qu'on s'étonne de voir faits sur le même modèle. Peut-être que ma mère, réchappée de la guerre, s'était jurée de regonfler ses enfants comme on reconstruit une économie. La santé avant tout, disait-elle, et elle nous l'avait prouvé bien souvent dans d'improbables situations où, contre toute attente, elle nous avait défendus, bec et ongles, au cours de certains accidents de scolarité. Touche pas à mes enfants, je m'en occupe ! Et elle savait régler ses comptes. Ma mère ne nous faisait aucun cadeau mais elle avait un honneur à défendre et n'entendait pas qu'on lui donne des leçons.

Elle avait aussi appris de sa propre mère que les filles fardées sont des catins et que dans chaque homme sommeille un cochon. Et elle nous l'avait appris à son tour comme un préalable à la vie, comme La leçon que la vie lui avait donnée et qui nous ferait gagner du temps. Point de confiance ou de romantisme, tout ça n'était qu'illusion et porte ouverte à l'arnaque.

Est-ce que, quand je suis née, ma mère avait vécu suffisamment de désillusions pour s'être endurcie ou était-elle construite comme ça ? Je ne sais pas. J'entendrai parler bien plus tard de gestes abusifs qu'elle avait subis et qui l'avaient profondément choquée. Ce que je sais aussi c'est que ma grand-mère était capable du meilleur et du pire, et que son tempérament autoritaire, dans une vie paysanne dure et sans fioritures, avait fait de ma mère une enfant fine et douée, certes, mais contrainte dans tous les domaines de sa vie.

Ma grand-mère, Anne dite Victorine, était une petite femme travailleuse et cabocharde. Elle avait, elle aussi, rencontré un mari doux et bon et menait au bâton bêtes et progéniture. Trois enfants dont la dernière était ma mère, petite fille rusée et curieuse qui échappait souvent à ses règlements. Victorine avait été louée sur un plan de foire, là où les hommes portaient un épi de blé au chapeau et les femmes une fleur à la boutonnière pour signifier qu'ils cherchaient une ferme où travailler.

 

[...]

 

Extrait de "Les liens (qui dénouent)"", roman, publié en 2012.

 

[...]

Louise se rendit au camp le lendemain, vers dix heures du matin. Le froid s'était installé sur le pays et l'hiver abattait enfin ses cartes. Elle avait sorti le manteau fourré, les bottes, et gratté son pare-brise pour la première fois. Ses gants suffisant à peine à réchauffer ses doigts gourds, elle mit le chauffage à fond pour finir de dégivrer le pare-brise. Un frisson lui parcourut l'échine et elle pensa à la caravane. Il avait dû y faire sacrément froid cette nuit... et les petits, où avaient-ils dormi ? Et comment ? Ils seraient mieux à l'école que chez eux pour la journée, c'est sûr. Le temps l'avait un peu « refroidie » sur l'idée d'aller rendre visite à Candela mais elle se faisait décidément du souci pour cette famille et avait besoin d'en savoir plus.

Elle arriva dans le camp, mort, mis à part quelques hommes qui avaient allumé un feu dans un tonneau. Ils devaient y brûler des crasses et trouver là de quoi se réchauffer un peu. Louise passa assez loin d'eux pour qu'il n'y ait aucun échange mais assez près pour entendre qu'ils rouspétaient contre les gardiens de la déchetterie. Louise se dit qu'avec les nouvelles réglementations de ces lieux ils avaient en effet probablement perdu une bonne source de revenus. Plus de possibilité de récupérer les métaux et de les revendre. Moins d'argent pour nourrir sa famille quand on n'a pas de travail salarié. Tous ces petits boulots qui disparaissaient les uns après les autres les plongeaient dans une précarité de plus en plus grande.

Elle arriva à la caravane de Candela et frappa à la porte timidement. Lolita, la plus jeune des petites filles, ouvrit la porte et dans un grand sourire dit à Louise :

  • T'as des livres aujourd'hui ?

  • Non, je ne croyais pas vous trouver là ce matin, tu n'es pas à l'école ?

Lolita ne répondit rien et retourna se fourrer sous une couverture avec ses sœurs et une petite poupée en robe andalouse. Candela apparut à la porte et fit entrer Louise dans le petit coin cuisine où elle chauffait du café.

  • Ça fait froid là ce matin, ça fait froid ! Mais elle est bien couverte là, elle est belle !

  • Oui, c'est venu d'un coup, on n'était pas prêts ! Vous avez du chauffage dans la caravane ?

  • Ah ça non ! On a rien là, y en a dans la cabane des gars, nous on se réchauffe comme on peut !

  • Les garçons dorment à côté ?

  • Oui, mais là ils sont à l'école, Carlos il les réveille et il les emmène.

  • Et les filles, elles n'y vont pas aujourd'hui ?

  • Oh elles sont mieux ici quand il fait froid...

  • Mais à l'école il fait chaud non ?

  • Ptêt mais pour y aller il fait froid et puis elles ont rien de chaud à se mettre et c'est pas tout près, alors des fois elles restent là et on s'amuse ! Elles apprennent rien de toutes façons là-bas, c'est pas grave !

  • Quand même elles doivent bien apprendre des choses sinon ça serait grave !

  • Oh... elles font des dessins... des fois un peu d'écriture...

  • Toi, tu as été à l'école Candela quand tu étais petite ?

  • Un peu oui, mais on s'occupait pas de nous, on était mal vus parce qu'on venait des Sablières...

  • Ah oui ? Vous étiez nombreux à venir de là ?

  • Ben oui, on était cinq dans ma classe, on nous mettait au fond et on nous disait de dessiner pendant que les autres ils faisaient de l'écriture ou du calcul.

  • Et ça a duré longtemps comme ça ?

  • Ben au bout d'un moment on allait plus à l'école parce qu'en plus ils disaient des injures sur la famille et un jour mon père il est venu casser la figure au directeur et ma sœur et moi on est plus jamais revenues. Après on a travaillé et ma sœur elle s'est mariée elle avait treize ans et demi ! Elle est partie et je la vois plus beaucoup.

  • Et tes parents ils sont dans la région ?

  • Non, ils sont morts tous les deux.

  • Hmm... et Carlos, il a pas mal réussi à l'école !

  • Maintenant c'est mieux pour les gosses à l'école mais des fois c'est dur quand même.

  • Carlos il t'a parlé de ce qu'on fait ensemble à la maçonnerie ?

  • Non, il dit rien, il parle pas beaucoup Carlos mais c'est un bon gars.

  • Oui, il a l'air gentil... et il travaille bien, le patron a l'air de l'apprécier vraiment.

  • Sans lui, on pourrait pas vivre depuis que le père est en prison...

Les trois petites filles se rapprochèrent de leur mère et regardèrent Louise comme pour attendre son verdict. Comme si la révélation pouvait tout faire basculer. Comme si le secret qu'elles partageaient jusque là s'était échappé par mégarde et allait stopper d'un coup cette tranche de vie presque normale.

Louise leur sourit et leur dit qu'elle reviendrait peut-être lire des livres cet après-midi mais qu'elle devait aller travailler un peu avant. 

[...]

 

Extrait de "Mots de l'île", poésie et autres textes, publié en 2008.

 

.île.

 

Île. Mot cliché fiché comme un palmier, si petit, si joli, déjà si bien planté et son î cocotier invite à l'abordage.

 

Ibérique, isobare, isthme imaginaire, icône isolatrice, hi hi hi, sa voix de mouette rit de s'être fait la malle, d'avoir pris le large, loin des terres continentales qui pèsent sur les cartes.

 

On voit l'l qui dépasse, on voyelles qui l'enchâssent, délicates, légères, en dentelle bretonne.

Il s'érige comme un phare élégant qui guette ses abords du levant au ponant. Il domine, pointe, surveille et tient les mains de ceux qui lâchent son rivage. Les ailes au-dessus d'elle vont profiter du vent, blancs accents circonflexes qui caressent le temps en épousant ses formes comme on touche un amant.

 

Quant à e, ils sont là, taiseux et besogneux, crasseux et malheureux, d'île d'Yeu ou pas d'île d'Yeu, ils détournent les yeux pour s'enfermer chez eux.

 

Et il sent le fuel, avec tous ses rafiots, et elle sent la ville avec tous ses maquereaux. Il rebelle, elle facile, le voyage est trop long et quitter son île c'est risquer le bordel.

 

Œil de belle il cille, douce mamelle, toupie puérile, son mille s'emmêle dans le sel du vent et tourne autour du pot pour planter l'océan.

 

Le Vatou.

 

Quand il est né son père fût soulagé de voir arriver un gros garçon costaud, un pêcheur qu'il ferait, un gars qui pourrait l'aider et à qui apprendre le métier. Petit il était tout le temps sur les quais à regarder les chalutiers rentrer depuis les jupes de sa mère. Il poussait bien, n'était pas souvent malade et malgré sa petite taille il forcissait de jour en jour.

A huit ans il commence à accompagner son père sur le «Vatou». Il a déjà pris le rythme des réveils matinaux, prend à peine le temps de manger et court dehors pour arpenter les quais et se saouler d'odeurs de fuel et de poisson frais. Le froid ne lui fait pas peur, il ne se plaint jamais, sa peau s'est déjà épaissie et burinée et avec ses cheveux rêches on lui donne plus que son âge. Les touristes l'ont bien remarqué ce petit-là avec ses gestes déjà rodés et sa force étonnante. L'adolescence est passée là-dessus sans lui laisser le temps d'y penser vraiment, pas de sirènes dans les filets, on s'occuperait de ça plus tard. Pourtant les muscles étaient bien là et ses yeux d'océan auraient pu en draguer plus d'une. Et y en avaient des belles qui arrivaient du continent pour deux mois de l'année, il se serait bien approché d'elles mais il sentait trop fort. Et il fallait sortir encore et encore parce que le poisson était de plus en plus rare et les filets plombés de sel et d'eau étaient lourds et trop vides. Les repas du soir étaient toujours les mêmes, soupe de mer et pommes de terre et l'adulte qu'il était devenu aurait bien mangé plus. Mais rien à dire, silence, courage et endurance. Et c'était pas pour demain qu'il inviterait une femme à manger des St Jacques à la carte.

Lui, en bas, sur la berge, il a le nez dans ses casiers, les oreilles coupées du monde par le bruit des moteurs. Ses mains crevassées agissent toutes seules, filets, tuyaux, cagettes, sacs poubelle. Et du haut du quai les gens propres appellent chaque matin pour avoir les plus beaux. Pas les gars bien sûr, on les voit à peine, les poissons ou les araignées qui les mettront en bonne santé, velouté de crustacés, pâté de thon blanc au poivre vert, soupe de tourteaux, et pour pas cher.

 

Extrait de "Un vol de hibou", nouvelle, publiée en 2011.

 

[...]

Pour Jérémi, le dimanche était un jour sacré. Le dimanche était Son jour. Le seul jour où il n'essuyait pas les moqueries bêtes et méchantes de ses pairs. Les «gogol», «martien» ou autres «crapaud» restaient dans les gorges de ceux que leurs parents encadraient ce jour-là. Et Jérémi regardait chacun avec le sourire du plus fort en se dirigeant vers l'église où il servait la messe.

Là il existait.

Comme un prince au service du roi qu'il rejoindrait un jour.

Posé, le geste lent et sûr, le savoir évident de celui qui est dans le secret de Dieu, il agissait simplement et clairement.

Il était peut-être un extra-terrestre et il avait décidé de nous le révéler aujourd'hui.

Nous nous attablâmes enfin dans un brouhaha d'inquiétudes météorologiques car le ciel menaçait de neiger depuis quelques heures. (Ah la couleur du ciel ! Elle nous avait sauvés de bien des moments de flottement et aujourd'hui encore elle venait à notre rescousse.)

Jérémi se redressa alors, ses yeux trop petits brillaient comme ceux d'un enfant, et il déclara haut et fort dans un bégaiement qui n'en finissait plus :

- Le ci... ciel... est... est... beau ! Très beau ! Il est doré, doré c... c... comme un p... p... palais !

Nous sourîmes bêtement à cette remarque pleine de poésie mais qui plaçait Jérémie d'emblée dans la cour des fous. Et ça nous ne le voulions pas. Nous ne céderions pas aux moqueries faciles que j'avais appris à refuser, à l'infantilisation ridicule qui nous empêche d'entendre ce qui se cache sous des mots anodins et masque une pensée si poétique sur la vie. Et la poésie n'est pas seulement une forme de lecture ou d'écriture des choses. Elle est bien plus que cela.

 

Je le remerciai alors de son invitation et lui dit qu'il nous avait permis de faire une petite balade agréable près de chez lui et de découvrir un petit bijou roman que nous n'avions jamais admiré de près. Jérémi le connaissait bien et nous demanda si nous avions remarqué la sirène tenant un oiseau par le cou présent sur un des chapiteaux du chœur.

Évidemment.

Nous ne soupçonnions probablement pas non plus la culture qu'il avait en matière d'art sacré... il ajouta en riant que la sirène devait sûrement vouloir sortir de l'eau.

Sa mère nous servit une tasse de thé et l'interrogea alors sur la raison de cette invitation. Qu'avait-il donc à nous dire qui ne pouvait plus attendre ? On sentait chez elle une certaine gêne et peut-être aussi l'inquiétude de n'avoir que peu de choses à nous dire. Elle l'interpella alors gentiment en faisant mine que chacun n'y tienne plus d'impatience. Jérémi se tortilla alors sur sa chaise et afficha sur son visage un curieux mélange de gravité et d'excitation. Mais le silence était là, toujours prêt à ressurgir. Puis il baissa la tête et nous sentîmes que c'était le moment.

Il allait dire quelque chose.

Il traquait sa pensée comme on essaie de maintenir une anguille en place pour lui trancher la tête. Ses petits yeux foncés comme deux boutons de bottines sur ce visage poupon, cherchaient. Noirs, fixes, scrutant une zone de sa personne insoupçonnée jusque là, une sorte de grenier mental dont la serrure aurait mystérieusement sauté, ses yeux cherchant patiemment à s'habituer au peu de lumière.

Il rentra ainsi un peu plus son cou, ce cou trop gros, dont la chaîne argentée qui l'entourait adoucissait le contour, mais dont la taille indiquait ostensiblement qu'il n'était plus un enfant. Il voulait dire cette pensée tapie dans sa mongolie intérieure, cette pensée si souvent méprisée, et qui pourtant nichait dans ses nombreuses rêveries. Mais chaque fois qu'il voulait vraiment parler, ses mots le lâchaient, ils fichaient le camp, se dérobaient et provoquaient dans sa tête et dans son corps de multiples tremblements, des sortes de secousses dont il ne savait si elles étaient visibles et qu'il ne parvenait à stopper qu'en gardant le silence. 

[...]

 

Extrait du séminaire d'écriture avec Jeanne Benameur

(2014-2015)

 

Mais où est donc Orn-Icare  ?

 

 

Retenir, mais seulement la musique
Contenir, mais seulement l'émotion
Ressentir, mais seulement la présence


Elle est là, en chair et en mots
Je suis là, en silence et en désir
et tous ceux qui comme moi

 

Attendent mais
Écoutent car
Espèrent donc

Et puis écrire la confiance
Écrire comme une expérience
Écrire en impatience

Se demander si
Questionner le
Échanger pour


les regards vers
les voix de
les corps pour

Défaire mes nœuds
Lâcher mes prises
Inspirer mon air


Tenter cette chance 
que je ne cesse de regarder briller comme pie le bijou

Pour serrer un jour dans mon bec le fruit des mots 
dégoulinants de sucre

 

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